Et de 21… Un nouvel ado est mort ce vendredi à Londres après une agression au couteau. Un meurtre qui porte à 21, le nombre de jeunes qui sont morts poignardés dans la rue depuis le début de l’année à Londres. Chaque semaine, la liste s’allonge. J’avais abordé ce sujet le 3 mars dernier, il y avait déjà eu à l’époque sept morts… un chiffre multiplié par trois en quatre mois.
La psychose est loin de s’être installée à Londres (tout dépend probablement des quartiers où l’on traine) mais la réalité est que le climat devient plus pesant. Une amie, installée depuis deux ans à Londres, me confiait récemment avoir changé de trottoir en rentrant chez elle un soir après avoir vu un groupe qu’elle estimait “louche”. Une attitude qu’elle n’avait jamais eue avant. Les meurtres sont dans les esprits.
De son côté, la police tente de réagir. Bien que déjà assez visible dans la rue, elle multiplie les contrôles à la recherche de couteaux. Et voilà que revient le “stop and search”, pratique instaurée en 1984 dans le Police and Criminal Evidence Act. Le principe, c’est en gros que la police peut arrêter n’importe qui n’importe où pour le fouiller, sans motif précis. Vigipirate style.
Le “stop and search” se pratique donc ici ou là, à la gueule du client. Le problème, c’est que dans les années 90, les flics arrêtaient 9 fois sur 10 des blacks. Des attitudes parfois racistes qui avaient provoqué l’arrêt de ces campagnes. Aujourd’hui, knife crisis oblige, le “stop and search” revient à la mode.
Selon un récent papier du Monde, la police de Londres dispose désormais de plusieurs centaines de portiques détecteurs de métaux. Ces “knife arches” sont installées à l’improviste dans des gares, des stations de métro, des entrées de cités HLM, ou aux abords de certaines écoles. A en croire le papier, “entre le 15 et le 30 mai, la police londonienne a fouillé 4 200 personnes et saisi 193 couteaux”.
Mon pote Fred, lui, s’est fait fouiller deux fois en quelques semaines. Moi, pas encore. Fred, arrête la barbe, ça doit être ça!
Voilà une balade qui vaut le détour! C’est la plus grande exposition de Banksy que vous pourrez voir actuellement. L’ancien tunnel qu’empruntaient les taxis pour sortir de la gare Eurostar de Waterloo (souvenir souvenir…) est actuellement couvert de graffitis.
Début mai, lors de l’ouverture au public du projet “Cans festival“, la plupart des graf’ avaient été réalisés par le très activiste Banksy, graffeur de son état. Aujourd’hui, les œuvres évoluent au gré des visites. L’idée est que ce tunnel est laissé à la libre expression des peintres. L’art de rue gagne à “s’auto-regénérer“, don’t you think ? …
Plus d’infos sur Banksy sur le blog de Cédric. Pour info, selon le Sunday Mail du week-end dernier, Banksy s’appelerait Robin Gunningham…
Pas facile de garder l’anonymat.
Allons enfants de la Patrie, le jour de gloire est arrivé! Car si le défilé du 14 juillet ne fait plus rêver les foules depuis bien longtemps, les organisateurs d’évènements promotionnels ont bien compris qu’ils avaient une carte à jouer en flattant l’égo patriote des Français de l’étranger.
Ainsi, pour ce long week-end du 14 juillet à Londres, vous pourrez trouver une multitude d’évènements, plus ou moins gratuits. C’est comme si d’un coup, toutes les soirées, tous les concerts, tous les rendez-vous, tous les picnics devaient être tricolores. Du Bleu. Du Blanc. Du Rouge.
Sur Facebook par exemple, les events pullulent. French Bastille Day par ici, French Bastille day par là. A croire que les nostalgiques du bal des pompiers sont nombreux de ce côté de la Manche. Pour ceux là, il y a un bal popu au lycée français samedi soir. Attention, l’entrée n’est pas donnée avec le diner.
Même tendance dans les clubs où l’on ne compte plus les soirées spéciales “Bastille Day” et autres “French Révolution”. Agrémentez tout ça d’un concours de pétanque organisé par Ricard samedi et terminez par un célèbre resto parisien qui fait son inauguration lundi à grand renfort de Français de Londres.
Vous allez me trouver rabat-joie mais ce week-end, j’aurais presque envie de quitter Londres pour éviter ce déferlement de french touch.On peut être fier de son pays (oui, oui, on peut) sans pour autant donner dans les rendez-vous plus marketing qu’autre chose. Les soirées spéciales french m’ont toujours laissé de marbre. Un peu trop communautaire pour moi.
Reste que la classe ultime sera toujours la réception de l’ambassade française sur Kensington Palace Garden. Quelques centaines de happy few vont pouvoir boire du champagne aux frais de la République sous une belle tente blanche… histoire de rappeler que de ne pas payer ses impôts en France a parfois du bon.
Voilà en somme comment s’est présenté dans le commissariat de Lewisham (sud de Londres), l’homme qui a été arrêté lundi dans l’enquête sur le meurtre des deux étudiants français. Selon les journaux du soir, l’officier présent sur place n’aurait pas réalisé tout de suite ce que l’homme semblait insinuer. Il lui a donc demandé… de s’asseoir comme tout le monde!
Toujours selon la presse britannique, ça n’est qu’après quelques minutes que des membres du commissariat sont intervenus. L’homme de 33 ans, apparemment brûlé aux mains et au visage, s’est agité, hurlant qu’il avait besoin d’aide…
Après cet épisode digne d’un Mister Bean, l’homme a été arrêté, amené à l’hôpital pour être soigné. Placé en garde à vue, il est depuis interrogé par la police. Sa garde à vue a même été prolongée mardi soir de 36h. Selon Scotland Yard, il est considéré comme un suspect “significatif” mais les enquêteurs indiquent toujours ignorer combien de suspects pourraient être impliqués. Bref, l’enquête avance…
Reste une question un peu angoissante : l’homme qui s’est dénoncé lundi aurait pu, au lieu de s’asseoir dans le commissariat, ressortir et s’évaporer à nouveau dans la nature… En ne l’arrêtant pas tout de suite, la police britannique aurait donc pu tout simplement le laisser partir! Well done…
Ici, les journaux du soir l’appellent déjà “The Tarantino killing” tellement le meurtre des deux étudiants français, dimanche dernier, a été violent et particulièrement atroce. Je ne reviendrai pas sur les détails sordides de l’affaire (ils auraient été poignardés près de 250 fois avant d’être brûlés) mais nombreux ici sont les Français qui ressentent un malaise.
Attention, personne (à ma connaissance) ne parle de frenchophobia ou d’un quelconque geste envers la communauté française (estimée entre 200 et 300.000 à Londres). Mais comme le disait Lise hier soir: “ça commence à faire flipper ces meurtres au couteau…”
J’ai déjà eu l’occasion d’en parler dans ce blog, mais les meurtres à l’arme blanche se multiplient à Londres. Désormais, tous les lundis, la presse dresse le triste bilan du week-end. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça fait froid dans le dos.
Selon le London Lite de lundi, 17 ados sont morts depuis le début de l’année. Le dernier était dimanche matin entre Camden et Islington, il s’appelait Ben. C’était le frère d’une célèbre actrice de série B ici. Quelques semaines plus tôt, c’est l’un des acteurs du film Harry Potter qui est mort en sortant d’un bar.
J’ignore s’il existe réellement des méthodes pour lutter contre ces meurtres à répétition. La mode est au port d’arme dans les collèges. Un sondage de l’institut Mori avait montré en 2006 que 29% des élèves des écoles de Londres admettaient être munis d’un couteau! Les journaux appellent ça la “London knife crisis” et publient désormais les photos d’enfants qui passent aux détecteurs de métaux aux portes des écoles.
La violence du meurtre des deux étudiants de l’université Polytechnique de Clermont-Ferrand laisse penser qu’il ne s’agit pas simplement d’une bagarre de sortie de pub comme c’est souvent le cas à Londres (attendons l’enquête de Scotland Yard) mais voilà le climat qui règne ici. Entre incompréhension, stupeur et angoisse pour certains.
A vrai dire, je passe devant tous les jours depuis que j’ai emménagé à Baker Street. Cette façade un tantinet vieillotte du 221b est une adresse mythique. C’est là qu’a habité, selon Sir Arthur Conan Doyle, le fameux Sherlock Holmes. Aujourd’hui, c’est un musée.
Toute la journée, des cars entiers s’y arrêtent. Au rez-de-chaussée se trouve le gift shop du musée. Une fois ou deux, j’y étais rentré, curiosité maladive oblige. On y trouve toute la panoplie… la pipe… la loupe… le chapeau…
Mais jamais encore je n’avais osé faire le pas et visiter le musée Sherlock Holmes. Je pensais que cela était réservé aux lycéens ravis de se faire prendre en photo avec le policeman de l’entrée…
Contre 6£ (comptez 7,5€), vous pouvez monter dans les étages pour découvrir la maison de Sherlock Holmes. Vestige d’un temps où Londres ne connaissait pas la congestion charge, on trouve dans cette maison toutes les babioles qui font l’imaginaire du détective le plus connu à travers le monde. On est en 1887…
Reste un sentiment de malaise… Au-delà des gardiens en habit d’époque qui vantent la beauté de l’endroit et à quel point ce serait super si je me faisais prendre (pour un con) en photo devant le bureau du docteur Watson, fidèle ami de Sherlock Holmes… il y a comme un arrière-goût amer. Tout cela sonne un peu faux. Comme si Sherlock Holmes n’avait jamais habité ici. Comme si le 221b Baker Street n’avait jamais existé…
Je me suis un peu senti comme dans ce sketch de Chevallier et Laspalès (Rire & Chansons style) où ils parlent du musée Alexandre Dumas de Melun avec le bureau où il n’a jamais écrit… le lit où il n’a jamais dormi… l’assiette dans laquelle il n’a jamais mangé.
Et bien là, c’est pareil. Dans la maison de Sherlock Holmes, on trouve la pipe qu’il n’a jamais fumée, le fauteuil usé où il ne s’est jamais assis… les lettres qu’il n’a jamais écrites… En même temps, j’aurais dû m’en douter, le 221b est situé au numéro 239. C’est ce qui arrive quand on joue au touriste dans sa propre ville!
Ça n’est pas parce que les beaux jours reviennent qu’il faut laisser tomber les petites soirées DVD à la maison. C’est d’ailleurs parfois l’occasion de redécouvrir Londres à travers le cinéma.
Car depuis plus de 30 ans, Londres a été le lieu de tournage de nombreux grands films (et d’autant de navets). Des films qui ont tous bénéficié de l’atmosphère si particulière de la capitale britannique. 10 Downing Street, Big Ben, Tower Bridge… Autant de lieux mythiques, si souvent filmés, que Londres est aujourd’hui la 3e ville dans le monde où l’on tourne le plus de films.
Petite visite guidée…
Sans vouloir être fleur bleue, citons pour commencer Coup de foudre à Notting Hill dont l’action se déroule… à Notting Hill! Le film permet de découvrir le marché d’antiquités de Portobello Road.
Toujours à l’ouest, on retrouve Hugh Grant dans le vaste Kensington Garden pour une scène de bagarre avec Colin Firth dans Bridget Jones: l’âge de raison (The edge of reason).
Sur les bords de la Tamise, c’est en face du Palais de Westminster que Jonathan Rhys-Meyers, le héros de Match Point, a son appartement. D’ailleurs, depuis Westminster, vous pouvez voir ce magnifique duplex où s’ébat aussi la belle Scarlett Johansson. C’est le dernier appart’ en haut d’un grand immeuble surplombant le fleuve. Classi !
Un peu plus au sud, à Waterloo, on retrouve Matt Damon dans La Vengence dans la peau (The Bourne Ultimatum). Waterloo, gare mythique qui abrita un autre acteur mythique… Mr Bean… un grand moment de cinéma…
Longez la Tamise et rejoignez Canary Whalf, le nouveau quartier des affaires de Londres. C’est là que débute Le Monde ne suffit pas (The world is not enough), opus numéro 22 de l’agent le moins secret du monde, James Bond. Vous y reconnaitrez le Millenium Dome (aujourd’hui appelé The O2).
Suivez le tic-tac et du côté de Thamesmead South, vous trouverez les lieux du tournage d’un monument du cinéma filmé par Stanley Kubrick: Orange Mécanique (A clockwork orange). Perso, j’aurais moyennement envie d’aller dans le fameux tunnel où ils tabassent un SDF (voir photo).
Enfin, le tour ne serait pas complet sans un coup de caméra sur Camden, ses façades gothiques et son charme qui ont fait le bonheur de Batman, Love Actually ou V pour Vendetta.
Les films français à londres
Au delà de ce répertoire de films anglosaxons tournés à Londres, n’oublions pas les films français dont l’action est ici. Dans ma dvd-thèque, je retrouve par exemple Ma femme est une actrice d’Ivan Attal (où l’on découvre les célèbres studios Pinewood).
Pour revisiter Soho, je préfère Mauvaises passes avec Daniel Auteuil. Certainement pas son meilleur film mais c’est un joli point de vue sur la crise de la quarantaine et la prostitution de luxe à Londres.
Enfin, pour les fans de Romain Duris, une bonne partie des Poupées russes se passeà Londres. Encore un film français où l’on voit l’Eurostar toutes les trois minutes.
Bollywood street à London
A noter que les productions indiennes se développent très rapidement aussi. Selon Film London, 40 films indiens ont été tournés à Londres en 2006.
Tout ça sans oublier ce mémorable épisode de Friends où les personnages de la série viennent à Londres pour le mariage de Ross et Emily à la fin de la 4e saison. Un grand moment.
Allez, je vous laisse, j’ai ma vidéothèque à ranger, je viens de foutre un sacré bordel, j’ai des DVD partout dans mon salon!
Les compagnies aériennes low cost rivalisent d’imagination pour attirer les passagers. Le PDG de Ryanair a d’ailleurs bien compris que pour séduire la clientèle business sur les vols transatlantiques, un petit “plus” s’imposait. Michael O’Leary a donc proposé cette semaine en conférence de presse l’option “bed and b*** jobs in business class”. Option gratuite pour la business et pour quelques euros de plus en seconde.
Enjoy! (désolé c’est en anglais seulement mais la réaction de la traductrice en dit déjà bien assez long)
NB: au-delà du sens de la formule de O’Leary, notez qu’en Anglais, une expression parle de “B&B” (”Bed and Breakfast” qui sous-entend que c’est tout confort).
C’est l’heure du déjeuner. Il s’en rend compte car sa chemise trop cintrée le laisse enfin un peu respirer. La matinée a été stressante, des réunions à la pelle, une hiérarchie sur les nerfs à cause de la crise financière. Lui-même n’est pas vraiment sûr de revenir en deuxième saison.
L’histoire ne dit pas s’il est marié, s’il a une copine, s’il est du genre timide ou volage. Mais c’est l’heure du déjeuner et homme pressé qu’il est, il va faire son marché. Un moment de détente contre quelques billets, voilà le dessert.
Direction la cabine téléphonique. Magie des télécoms britanniques, on en trouve presque tous les 200 mètres (ils n’ont pas de mobiles ici?!). Mais dans les quartiers riches de Londres, les cabines ont une toute autre utilité. Elles servent de “vitrines” pour les prostituées, les “escortes” ou plus simplement les “call girls”.
En gros, l’intérieur des cabines est généralement tapissé d’autocollants explicites offrant les services ici d’une “young brunette”, ici d’une “real sexy blonde” et autres “british mature”. Il y en a pour tous les goûts, transsexuels et fétichistes inclus. Une photo, un numéro, parfois un prénom, jamais de prix.
D’une main, il tient son blackberry, de l’autre, il scrute les annonces. Les poses lascives évoluent peu, seuls les noms exotiques varient. Il faut faire rêver l’homme des cavernes téléphoniques. Il note un premier numéro, un deuxième, un troisième… on ne sait jamais, ça sonnera peut-être occupé.
L’exercice de la prostitution n’est pas répréhensible en Angleterre, à condition que la prostituée travaille seule et de façon indépendante. Par contre, le racolage est une infraction punie entre 500£ et 1 000£. Régulièrement arrachées, ces annonces de “models” reviennent pourtant aussitôt. Tout semble bien organisé.
Lui est déjà ressorti, il laissera la place à un autre client pressé. L’histoire ne dit pas s’il aura finalement appelé l’une ou l’autre de ces jeunes femmes. L’histoire ne dit pas non plus si la “young brunette” de la photo est bien celle qui le recevra mais l’histoire veut que l’industrie de la prostitution tourne à plein à Londres. A en croire les tracts, les filles de l’Est et les beautés typées ont la cote.
Et c’est le même manège dans toutes les cabines de la City. A l’heure où la plupart des businessmen ont au moins deux portables, ne vous étonnez pas de les voir s’engouffrer dans les cabines téléphoniques…
Regardez attentivement cette photo… vous ne voyez pas? Eh bien justement, il n’y a (presque) plus rien à voir. Je vous parle des frises en marbre qui devraient surplomber les colonnes du Parthénon. Sujet sensible entre Grecs et Britanniques.
Vingt ans après la polémique lancée par la ministre et actrice Melina Mercouri, les voix s’élèvent toujours en Grèce pour réclamer le retour de ce chef-d’œuvrede l’âge classique (Ve siècle avant J.-C.). Ces frises, aujourd’hui exposées au British Museum, ont été retirées il y a plus de 200 ans sur ordre de Lord Elgin, alors ambassadeur britannique auprès de l’Empire ottoman (dont la Grèce faisait partie).
Le British Museum reste de marbre.
Pendant longtemps, les Anglais ont joué la carte de la bonne foi. “On ne peut pas vous rendre ces frises puisque vous ne disposez pas d’un musée permettant leur bonne conservation”, disaient-ils en somme. Vous comprenez, il faut veiller à la chaleur, à la pollution, à l’humidité etc… (“Un truc impossible dans un pays sous-développé comme la Grèce”, pensaient-ils bien fort).
Mais le Grec est têtu et voilà qu’il vient de construire à Athènes un magnifique musée au pied de l’Acropole. 25.000 m² avec pile la place pour rapatrier ces frises, malaka!
Du “droit idéologique” au pillage historique ?
Embarras de Londres. Récemment, le British Museum invoquait un “droit idéologique” à conserver ces frises, sa mission étant de “présenter toutes les cultures du monde”. L’idée est que l’histoire est universelle et qu’à Londres aussi bien qu’à Athènes, ces frises ont leur place tant qu’elles sont présentées au public (“mais bon, quand même, c’est mieux à Londres”, pensaient-ils bien fort).
Le sujet est sensible. Diplomatique. Financier. Car si le British Museum venait à rendre une telle pièce, ce serait l’hémorragie. Demain, l’Italie, l’Egypte et bon nombre de pays culturellement “pillés” au fil des siècles s’en prendraient au BM comme certains s’en prennent déjà au Getty de Los Angeles. Et Londres d’imaginer déjà les touristes fuir ses musées… Le BM, c’est 5 millions de visiteurs par an et pas beaucoup d’antiquités british…
Le joker juridique de Londres.
Reste que le Britannique n’est pas du genre à se laisser avoir par quelques amateurs d’ouzo. Sa botte secrète, c’est le droit! Le British Museum prétexte aujourd’hui que ces œuvres ont été achetées en toute transparence à l’autorité administrative de l’époque. Comprenez donc qu’en 1806, Lord Elgin (ambassadeur britannique et amateur d’art notoire) n’a fait que ses emplettes en Grèce et qu’il n’y a donc aucune raison de rendre cet achat. Reprendre, c’est voler.
Voilà donc où on est en. Alors, certes, il y a les pétitions pour le retour des marbres du Parthénon. Mais ça ne va pas tellement plus loin. Et quand la politique s’en mêle, ça “frise” le ridicule. Récemment encore, Jack Lang a plaidé pour la restitution des frises du Parthénon. Aucune réponse de Londres (faut dire, les Anglais s’en tapent pas mal de Jack Lang!).
Plus sérieusement, en 1999, le parlement européen avait adopté une résolution appelant le Royaume-Uni à “examiner d’un œil favorable la requête de la Grèce visant à replacer les frises dans leur cadre naturel”. On y parlait de “patrimoine commun de l’Europe”… Rien à faire (faut dire, les Anglais s’en tapent pas mal de Strasbourg!).
Tout ça me fait m’interroger sur la place du patrimoine mondial. Des puissances (ex-coloniales ou non) comme la GB ou la France, ont-elles toujours la légitimité pour garder des millions de vestiges de cultures qui ne sont pas les leurs? Quand on voit les galeries égyptiennes du Louvre, faudrait-il que la Joconde soit exposée au Caire pour que la balle soit au centre?
C’est un grand renouveau pour moi. Trois mois après avoir déménagé, j’ai enfin la télé. La TNT britannique s’appelle “freeview” et comme son nom l’indique, vous ne payez rien, sauf la redevance (170 euros/an). Au programme: une quarantaine de chaînes avec divertissements, films, infos… bref, un vrai petit bouquet enrobé de quelques stations de radio.
Trop content, j’ai lézardé dans mon nouveau canapé (c’est fou comme tout change ici) pour regarder un bon CSI (Les Experts en France). Mais au delà des scènes d’autopsies et autres enquêtes scientifiques, j’ai pris en pleine face… LA PUB !!
Pendant les 43 minutes de l’épisode, j’ai eu droit à trois coupures de pub! (ou peut-être quatre, je n’en suis même plus très sûr). Des pages de pub d’au moins 2 à 3 minutes. Au sortir d’une telle série, vous en arrivez à ne plus savoir si le héros a résolu l’énigme ou si la voiture dans laquelle il roule a été achetée à crédit grâce au dernier dentifrice ultra-bright…
Mais alors qu’en France, le débat se porte sur une 2e coupure de pub sur les chaînes privées… j’ai envie de dire “non”! Pourquoi se calquer sur les plus mauvais exemples? La France veut-elle d’une télé avec de la pub toutes les 10 minutes? Une télé où règnent les émissions de télé-réalité (on en est à Big Brother 9 ici)? Veut-on d’une TV gangrénée par des programmes flattant les instincts les plus crades des téléspectateurs? Attention à ne pas en prendre le chemin…
Retirer la pub sur les chaînes publiques (comme sur la BBC par ex) pour nous gaver sur les autres chaînes me paraît une idée très contestable. Certes, passer de 6 à 9 minutes de pub par heure va probablement doper le chiffre d’affaires de TF1 et de M6 (dont les cours de bourse décollent depuis que le débat est ouvert) mais fondamentalement, c’est une insulte au travail des scénaristes que de couper à nouveau les programmes TV. C’est un insulte à la création. C’est une insulte aux téléspectateurs.
Sur-exposer un téléspectateur à la pub devrait être classé comme un risque. Le rôle du législateur n’est-il pas de protéger le citoyen contre les dérives qui viendraient nuire à sa santé mentale? Quand bien même cela va à l’encontre des intérêts privés des amis du Président de la République…
Par défaut, le londonien sait qu’en commençant sa journée, il va galérer dans les transports en commun. Il est au courant qu’il risque de rester coincé, sans raisons apparentes, dans un tunnel du métro et que son trajet qui devait durer 15 minutes va rapidement chatouiller les 45 … il le sait…
Mais parfois, trop c’est trop… J’ai ainsi une pensée émue pour près de 1000 passagers qui se trouvaient hier soir dans un train en direction de Liverpool street station (dans le centre de la City). Suite à un problème (des débris d’un pont en construction), ils ont du descendre du train et marcher sur les voies jusqu’à la station. Le trafic a ensuite été suspendu toute la soirée et une bonne partie de la journée.
La faute à pas de chance? Probablement… Shit happens. Mais quand vous payez votre ticket de train ou de métro une fortune et qu’on n’est pas foutu de vous proposer un service convenable, ça tilte! Car les exemples sont légions. Je vous épargne l’expérience de ma coloc’ qui a récemment passé la nuit dans l’Eurostar qui a mis 13h entre Londres et Paris…
Un conseil, si vous avez un avion à prendre, prévoyez large. La semaine dernière, le Stansted Express (liaison “rapide” entre Liverpool Street Station et l’aéroport de Stansted) était tout simplement suspendu. Un désastre en pleine heure de pointe. Pour rejoindre l’aéroport, on a du attendre, attendre puis prendre un autre train, sortir à une gare paumée, sauter dans un taxi pour enfin arriver en courant aux guichets. J’ai enregistré mes bagages 3 minutes après la fermeture de l’enregistrement! (Heureusement que c’était une compagnie grecque, malaka!!)
Faudrait-il remettre en question la gestion privatisée des chemins de fer britanniques? Je l’ignore. Cette question politique attise trop les passions pour avoir une réponse simple. Mais tout de même, comment les Britanniques veulent-ils organiser des J.O alors que les transports sont un chaos permanent?
Le seul point positif, c’est que les jours où je me lève tard, je peux dire à mon boss que je suis en retard à cause du métro. Personne ne trouve jamais rien à redire…
Tony Blair en avait rêvé, Boris Johnson l’a fait! A peine élu, le nouveau maire de Londres passe à l’action et bannit toute consommation d’alcooldans les transports publics de Londres.
Objectif de cette mesure, hier promesse de campagne du candidat Johnson: lutter contre “la petite délinquance et les comportements anti-sociaux”. Selon lui, “si la petite délinquance était éliminée, il serait plus facile de combattre la criminalité aux conséquences plus graves”. Ça se discute…
Attention donc amis fêtards, amateurs des fins de soirées alcoolisées… Au 1er juin, il sera interdit “de consommer (des boissons alcoolisées) ou d’en transporter dans des bouteilles ou contenants ouverts dans le métro, les autobus” et autres transports publics de Londres. Bref, dans tout ce qui roule, quoi.
En réalité, le projet n’est pas nouveau. Tony Blair l’avait demandé en 2005. Il s’agissait alors de bannir l’alcool de tous les trains du Royaume-Uni. Le projet avait finalement été abandonné face à l’opposition des conservateurs (oui, oui, le camp de Boris Johnson) qui dénonçaient la contradiction entre cette proposition et l’extension des heures d’ouverture des pubs, décidée peu avant.
Aujourd’hui, ça ne fait toujours pas l’unanimité. Bob Crow, le dirigeant du syndicat des transports, a dénoncé cette semaine une mesure qui “ne semble pas avoir été pensée correctement”. Je me demande ce qu’en pense le syndicat du personnel de nettoyage des transports en communs de Londres….
Reste une question: les fins de soirées seront-elles les mêmes sans les bourrés du fond du bus, ceux qui se vomissent dessus en dormant une bouteille à la main, ceux qui boivent sans se rendre compte que leur arrêt est déjà passé depuis longtemps… Comment imaginer une sortie de match sans les supporters excités, terminant leurs bières en chantant…
Ça aurait été étonnant qu’on passe à travers… le gaz augmente. C’est un fait. Mais le plus intéressant reste la lettre adressée par British Gas à nous autres, consommateurs captifs.
Ça commence évidement par un “dear customer” (faudrait pas nous braquer dès le début) et s’en suit une longue litanie expliquant pourquoi, malgré tous les efforts de British Gas, les prix doivent augmenter…
On plante le décor. “Vous savez… les réserves britanniques de gaz et de pétrole se sont réduites… et comme nous sommes de plus en plus reliés aux prix des marchés pétroliers… blah blah blah… British Gas doit payer davantage ses fournisseurs…”
CQFD. On nous rappelle ensuite que par le passé, les prix ont régulièrement baissé (qui oserait se plaindre?!) mais malheureusement, à contre coeur, c’est vraiment tragique mais vous savez… les prix… on n’a pas le choix… sincèrement désolé…
Le courrier fini par un “Don’t worry, there’s nothing you need to do” (trad: ne vous inquiétez pas, vous n’avez rien à faire). Et là c’en est trop! Evidemment qu’on n’a rien à faire, il suffit juste de payer plus, et en direct debit, s’il vous plait!
Ah si, vous pouvez toujours vous reporter au petit livret explicatif joint avec le courrier. Un pamphlet tarifaire des plus obscurs qui me fait juste pointer du doigt que si j’étais salarié de British Gas, j’aurais des tarifs bien plus intéressants! J’ai certainement raté ma vocation…
Ça a bien fait marrer l’un de mes boss américains de passage à Londres ce vendredi. Lui c’est plutôt le genre républicain décomplexé… “Comment est-ce possible qu’on ne sache pas encore les résultats des élections à Londres? m’a-t-il demandé. On serait aux States, on les aurait eus hier soir…” Bon, je n’ai pas franchement osé lui ressortir le coup des bulletins de vote en Floride mais la vérité, c’est qu’on a mis du temps à savoir qui serait l’élu à la mairie de Londres.
Et pourtant, ça n’est pas faute d’avoir voté. A chaque coin de rue ou presque, on trouvait une “polling station”. Le bon côté de la démocratie à la britannique, c’est que chaque résident peut voter, qu’il soit ou non anglais. En même temps, on paie notre council tax assez chère pour avoir un mot à dire…
Selon le site web de la BBC, le candidat conservateur Boris Johnson a décroché la mairie avec une avance de 140 000 voix. Un sérieux revers pour le travailliste Ken Livingstone qui briguait un troisième mandat à la tête de la ville.
Ken Livingstone, on le connaît bien. Il n’a pas perdu une élection depuis vingt-cinq ans!! C’est à lui que l’on doit la désignation de Londres pour les JO de 2012, la congestion charge pour limiter le trafic urbain et autres lois pour attirer les milliardaires et virer les SDF du centre de Londres.
Reste à apprendre à connaître Boris Johnson. C’est un ancien journaliste connu du grand public pour sa personnalité excentrique et ses gaffes à la télé. Il est souvent appelé “le clown”…
Je vous propose pour compléter ce mini-portrait cette vidéo qui prouve qu’il sait aussi s’y prendre pour neutraliser ses adversaires. Après Ken le Rouge, qui Boris le Clown va-t-il tacler?
Ce sont les vacances pour tout le monde. French in London prend ses quartiers d'été loin de l'Angleterre jusqu'à la rentrée. Soyez patients pour les commentaires...
A bientôt!
UN blog de liberation.fr
French in London... Mode de vie, culture, histoire, finance, fashion, insolite... Vous saurez tout sur Londres et la culture anglaise à travers le regard d'un français expatrié dans La City.