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2009 : l’année du compositeur Henry Purcell

janvier 5th, 2009 · 1 Comment

Il est bon de savoir que bien avant les Beattles, Radiohead ou Jimmy Somerville, la Grande-Bretagne a enfanté quelques uns des plus grands maîtres de la musique baroque. Henry Purcell (1659-1695) fait sans hésiter parti de ceux-là. Et à titre perso, c’est l’un de mes compositeurs préférés.

Pour beaucoup, Purcell fût le plus grand compositeur anglais de naissance (si l’on met de côté Haendel qui fût naturalisé un siècle plus tard). C’est en tous cas certainement l’un des plus précoces. Purcell aurait écrit sa première œuvre à l’âge de 9 ans. A 11 ans, il composait une ode pour l’anniversaire du Roi, etc.

Pur londonien, il vient d’une famille reconnue. Son père était gentilhomme de la Chapelle Royale. Le jeune Henry connut pas mal d’évènements qui ont marqué Londres. En 1665, 100.000 personnes sont mortes de la peste et un an plus tard, le grand incendie de 1666 ravageait une partie du Londres en bois construit par les Plantagenêt et les Tudor. Pour certains, ces évènements tragiques et tous les deuils autour de Purcell ont faconné la sensibilité du musicien.

Je ne vais pas vous faire le détail de sa vie mais il faut noter qu’à à peine 20 ans, il fût nommé organiste de l’Abbaye de Westminster. Son répertoire est assez varié, de la musique sacrée à l’opéra (Dido and Aeneas) en passant par des semi-opéras (King Arthur…).

extrait n°1 : Dido and Aeneas (Z. 626)

trève de blah-blah, jugez plutôt en écoutant un extrait de Dido and Aeneas (en Français Didon et Enée). La version complète en trois actes dure un peu plus d’une heure (ce qui est assez court pour un opéra) et fut présentée pour la première fois en 1689 à Chelsea.

Cliquez ici pour écouter l’Ouverture de Dido and Æneas

Pour comprendre un peu mieux, sachez juste que l’action se passe à Carthage. Didon est bien embetée car elle aime en secret Énée, le prince de Troie. Evidemment, elle ne peut avouer son tourment sous crainte de décevoir son peuple. La belle affaire!

Belinda, sa confidente, lui suggère alors d’épouser Énée. Une super idée puisqu’ils s’aiment tous deux en secret et qu’en plus, une telle alliance assurerait la prospérité et la paix pour l’empire (ce qui n’est pas fondamentalement une mauvaise chose). Didon, comblée, accepte la proposition d’Énée et succombe à l’amour. Ah, l’amour…

extrait n°2 : O solitude, my sweetest choice (Z. 406)

Un peu moins facile d’accès et beaucoup plus mélancolique, vous pouvez écouter ci-dessous un morceau chanté par Alfred Deller, contreténor britannique qui remis à l’honneur cette tessiture au milieu du 20e siècle.

Cliquez ici pour écouter O solitude, my sweetest choice par Alfred Deller

Il est accompagné seulement par une viole de gambe et un orgue positif. La direction est de William Christie. C’est aussi lui qui dirige l’extrait de Dido and Aeneas ci-dessus avec son ensemble Les Arts Florissants. C’est selon moi à l’heure actuelle le maitre de la musique baroque, il est sans doute le chef d’orchestre le plus pointu et le plus juste sur toute cette période.

Voilà pour cette page musicale que j’avais de partager avec vous depuis un moment. C’est d’ailleurs avec amusement que j’ai réalisé que 2009 marquait un anniversaire pour Purcell. Enjoy !

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J’ai survécu au shopping de Noël sur Oxford Street

décembre 20th, 2008 · 10 Comments

J’avais tout préparé. Des chaussures robustes, des vêtements chauds mais pas trop lourds. Comme l’alpiniste avant une ascension dangereuse, j’avais répété inlassablement dans ma tête tous les gestes indispensables. Dans une telle situation, le mental prime. Ma liste de courses à la main, je dois terminer mon shopping de Noël et acheter deux dinosaures pour mon neveu.

Objectif shopping.

Il est encore tôt mais Oxford et Regent’s Streets ont déjà l’allure des grands jours. Entre les décorations de Noël et les panneaux des soldes se glisse un flux incessant de shoppers. La tension est palpable et le chemin devient tortueux, sacs et poussettes en embuscade.

Quand enfin, devant moi, se dresse le magasin Hamley’s. Le temple mondial du jouet. Le graal des enfants sages. Une usine à rêves depuis plusieurs générations. Pas le temps de trainer, je suis happé par une farandole de parents. Au dessus de ma tête éclatent des bulles de savon. Sans trop savoir comment, un homme en rouge avec un bonnet de Santa m’a déjà refilé un grand cabas, je suis dans l’escalator.

Ces quelques marches mécaniques sont l’occasion pour moi de reprendre mon souffle. Au bout de l’escalier gronde une cohue infernale. A l’étage, j’évite par miracle une démonstration d’hélicoptère sans fil. La foule est dense et déjà, l’air se fait plus rare.

Apocalypse Now…

Les jouets fusent de toute part. Il règne une atmosphère de chaos, cris d’enfants mêlés aux gifles d’adultes dépassés. Étourdi, je lutte pour accéder au rayon des dinosaures quand au détour d’un étalage, je me retrouve nez à nez avec un Power Rangers Jungle Fury. J’esquive la confrontation mais d’un faux pas, je percute une montagne de boites Spiderman. Erreur fatale.

La collision est trop violente.  Excédée, la figurine démo frappe le haut de mon crâne tandis qu’inconscient je me retrouve au sol, plaqué sous une tonne d’homme-araignées. Les quelques enfants aux alentours rient. Les peluches se gaussent. Il me semble être piétiné par une horde de Polly Pockets aux ordres d’un personnage StarWars

A mon réveil, je suis sur le trottoir. J’apprendrais plus tard n’avoir été sauvé que par l’intervention bienfaisante d’un Transformers. Toujours là pour servir. Sonné, je repars mon sac rempli de dinos à la main. La fanfare de l’Armée du Salut sonne le glas de ma mission. L’année prochaine, j’Argos mes courses de Noël !

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La fin du “travailler plus (de 48h) pour gagner plus”

décembre 17th, 2008 · 17 Comments

Assiste-t-on à la fin d’une époque ? Celle où le salarié britannique pouvait facilement travailler, sans compter ses heures. Le temps où il avait le droit de travailler tant qu’il le voulait, autant qu’il le pouvait, du temps qu’il en était content…?

Cette époque est peut-être terminée car le Parlement européen vient de supprimer la faculté laissée aux états membres d’autoriser une durée hebdomadaire du travail supérieure à 48 heures. 48h… ça fait… 13h de plus que les 35h (soit 1,37 semaine de travail si on convertit en unité de mesure française).

Réaction indignée de nos amis britanniques ! Le gouvernement Brown a promis ce mercredi de se battre contre cette décision. Selon les travaillistes, fervents partisans de la dérégulation du marché du travail, il faut laisser les employés travailler plus de 48 heures par semaine ! Une dérogation s’impose.

Finalement, tout dépend de quel côté on se place. Ici en UK, l’idée est que l’on doit laisser les employés décider d’eux-mêmes de la durée de leur travail hebdomadaire. C’est une question de liberté. C’est un droit. Et comme le travail c’est la santé, selon le Medef british, refuser cela est une erreur : “C’est vouloir remplacer une opportunité par une contrainte” (J’en vois qui gloussent au fond de la salle…).

Reste évidemment une question importante (voire fondamentale) : si pour certains, il est crucial de travailler plus pour gagner plus (tiens tiens…), jusqu’où peut-on considérer qu’un salarié est effectivement “libre” de choisir sa durée de temps de travail ? Essayez donc de dire à votre patron “euh… non… en fait, aujourd’hui, j’ai pas trop envie, j’ai décidé que je n’allais pas travailler”. Nice try.

On sait que le droit du travail anglais n’est pas toujours tendre mais c’est un vrai débat de société (voire une problématique philosophique). C’est un peu comme l’ouverture des magasins le dimanche actuellement en discussion en France. Je suis fondamentalement pour l’ouverture de certains commerces le dimanche, ne serait-ce que pour permettre à ceux qui ont travaillé plus de 48 heures dans la semaine de faire leurs courses!

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Grande braderie sur fond de crise à Londres

décembre 4th, 2008 · 9 Comments

C’est Noël avant Noël dans les rues de Londres. Face à une récession imminente, les brit’ tentent péniblement de relancer la consommation. Le bon côté de la crise, c’est que les prix baissent, l’inflation se calme… une aubaine pour ceux qui ont encore des sous à dépenser !

En effet, c’est déjà les soldes! -30% chez GAP la semaine dernière… -50% au Levi’s store d’Oxford Circus… On brade à tous les étages avant l’heure, et ce jeudi, Marks & Spencer en a rajouté une couche. Il y avait -20% sur tout le magasin, l’idéal pour vos préparatifs de Noël (enfin, si vous en aviez la patience, c’était la folie aux caisses).

Voilà malgré tout, un peu de pragmatisme et de réactivité pour relancer l’économie. J’aime l’idée que les entreprises puissent prendre leurs responsabilités en cherchant à doper elles-mêmes leurs ventes. Une sorte d’auto-plan de relance…

D’autant que ces réductions vont avec une baisse de la TVA temporaire au Royaume-Uni depuis le 1er décembre (de 17,5 à 15% sauf sur l’alcool, le tabac et l’essence - faut pas pousser). C’est toujours bon pour l’économie au final, ça permet au moins d’écouler les stocks et de soutenir les chiffres d’affaires du 4e trimestre… même si, je vous l’accorde, l’impact à moyen terme n’est pas évident.

Vers 1 euro = 1 livre ?

La solution selon moi (côté consommateur), c’est donc d’en profiter pour faire du shopping à Londres. De toutes façons, oubliez vos dépenses en zone euro. Votre bas de laine en pound ne vaut plus rien côté français. Avec une livre qui a touché un plus bas historique face à l’euro (1€15 pour 1£…) on se rapproche de la parité euro/livre si l’on rajoute les frais de change. C’est fini le temps où payer en livres des produits en zone euro avait du sens (souvenez-vous…).

Je vous conseille par exemple d’aller faire un tour chez Jessops. Ils écrasent les prix sur les appareils photos. J’ai acheté hier un Nikon, 200€ moins cher qu’en France (il est même moins cher ici qu’aux USA, c’est le monde à l’envers…).

Reste une question plus sérieuse : où va l’économie britannique ? Le secteur financier est sinistré et l’immobilier est en panne avec en toile de fond la question du crédit. Les Anglais (et singulièrement les Londoniens) vivent sous perfusion grâce aux prêts. Des prêts à la consommation qui ont d’ailleurs récemment rebondi en octobre selon les économistes ; signe qu’on tire de plus en plus sur la corde alors que la plupart des établissements de crédit sont eux-mêmes vacillants… et demain…

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Le Londres invisible des sans-abri

novembre 28th, 2008 · 22 Comments

Il s’est passé un truc pas banal ce soir en rentrant du boulot. J’étais dans le métro et j’ai vu un type passer d’un wagon à l’autre pour faire la manche. Réaction presque étonnée des usagers. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ici à Londres les mendiants ne courent pas les couloirs du métro. Le soir, les stations ne se transforment pas en dortoirs comme le font à Paris les arrêts St Michel et Cité (où à partir d’une certaine heure, ça sent tout sauf la rose…).

Si à Londres personne ne dort sur les quais du métro, ca n’est pas seulement parce que les bancs y sont inconfortables. Et contrairement à des commentaires (à peine croyables!!) que j’ai pu lire sur ce blog, l’absence de SDF dans le centre-ville de Londres (disons la zone 1) n’est pas que le résultat d’une politique généreuse de lutte contre la pauvreté.

Londres n’est pas SDF-free. La ville compte d’ailleurs un taux de sans-abri deux fois supérieur au reste du pays. Comme toute grande capitale, Londres attire les sans-abri mais la mégapole a su les avaler pour enfin les rendre invisibles. La réalité est que la plupart du temps, qu’ils soient dans les rues ou dans le métro, les SDF sont pris en charge ou simplement repoussés plus loin.

Difficile d’ailleurs de trouver des chiffres sur la population des rues. Selon un papier de 2006, les “homeless” seraient au nombre de 50.000 dans Londres mais ce chiffre englobe probablement les personnes habitant des logements très précaires. Selon le site web du borough of Westminster, le quartier recense chaque année 1.600 sans-abri (appelés “rough sleepers“). Il y aurait chaque soir entre 100 et 200 personnes qui y dorment sur un carton.

A Londres, la gestion de l’aide aux sans-abri est décentralisée. D’après mes recherches (mais les textes datent un peu) ce sont donc les 32 quartiers de Londres qui en ont la charge. Et dans certain borough comme City of London où j’habitais avant, les SDF sont systématiquement verbalisés. Idem dans les transports en commun où les caméras de surveillance permettent aussi de repérer les mendiants pour les mettre dehors (CCTV is watching...). Rien de tel pour les dissuader de s’installer et de faire la manche. On les retrouve donc le plus souvent en périphérie, dans des rues sombres ou en bord de Tamise. A l’abri des regards et des trottoirs des banques.

Ce triste tableau ne doit pas occulter le travail fait par Londres pour aider les personnes SDF. En 2002, la ville a adopté le “Homelessness Act 2002″ qui cible des personnes hébergées dans des foyers, dans des logements provisoires ou dans les “bed and breakfast“. Tout un travail réalisé par des équipes travaillant en étroite collaboration avec les foyers d’accueil, la police, les services sociaux, les services de santé, le soutien à la location… Objectif: gérer les situations avant qu’elles ne deviennent urgentes…

Plus d’infos sur le site “Homeless London” (lien)

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London calling (en fanfare)

novembre 27th, 2008 · 1 Comment

En attendant la remise en route du site (et le restauration de plus de 130 posts), petit interlude musical avec une version originale d’un chef d’oeuvre des Clash, enregistrée sauvagement lors de la sortie du beaujolais nouveau du côté de Montmartre…

Difficile de retrouver la chaleur du p’tit bar parisien, l’arrière-goût de banane du pinard, le son est pourri mais si vous tendez bien l’oreille, vous entendrez la basse lourde et ravageuse jouée au Souba!

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French in London - l’expo photo

novembre 13th, 2008 · 4 Comments

Envie de sortir? Pour les deux ans du blog French in London, je propose à ceux qui ont la chance d’habiter dans l’ouest de Paris de faire un tour à l’expo “French in London” organisée jusqu’à Noël à Marly-le-Roi (78).

Vous y retrouverez quelques photos déjà publiées sur ce site ainsi qu’une quarantaine de clichés glanés au fil de mes balades dans Londres. Un regard un peu décalé sur Londres, ses habitants et ses atmosphères.

Visionnez ci-dessous un aperçu des photos présentées à l’expo.
(Cliquez pour passer en plein-écran / musique sur le picto sonore)

infos pratiques : exposition organisée du 12 novembre au 19 décembre au Centre culturel Jean Vilar de Marly-le-Roi (voir la carte). Entrée libre du mardi au vendredi de 14 h à 19 h et les samedis de 14 h à 18 h.

Le livre de l’expo est disponible sur internet à sur Blurb.com

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Le pavot de novembre déferle sur l’Angleterre

novembre 6th, 2008 · 17 Comments

poppy appel

Avez-vous remarqué cette floraison tardive sur les boutonnières de nos amis britanniques? Un joli coquelicot en papier, bien rouge. Pas de doutes, nous sommes en novembre (au cas où les températures hivernales ne vous aient pas déjà mis la puce à l’oreille…).

Ce joli coquelicot mesdames, c’est le Poppy Appeal. Le signe que vous avez donné pour aider les anciens combattants. Une pure tradition british organisée par la Royal British Legion pour commémorer les combats de la Première Guerre mondiale. On “fête” d’ailleurs cette année les 90 ans de la fin de la Grande Guerre.

Il faut dire que la respectée Royal British Legion compte 700.000 adhérents mais ne touche pas un sous de l’État, il lui faut donc financer ses actions grâce aux dons. Les Poppies représentent 60% de son budget annuel… soit 17 millions de livres sterling! Une preuve de plus que les Anglais sont experts pour les opérations charities.

Il est donc de bon ton d’arborer ladite fleur à son veston. Tout le monde s’y met. On en trouve même de gros modèles à l’avant des taxis. Idem dans les médias, les présentateurs télé ne présentent plus sans. Même les correspondants étrangers l’ont adoptée. Imaginez la sympathique Maryse Burgot de France2 décorée de son Poppy dans Télématin. C’est quand même la classe… et c’est tellement folklorique!

Bref, c’est partout. Chaque année, 300.000 personnes se mobilisent pour mener cette campagne à travers tout le Royaume-Uni. Vous en trouvez dans les magasins, dans la rue ou au sortir du métro. Dans ma boite, vous pouvez donner à l’accueil et repartir à votre bureau avec votre petite fleur. Qu’importe le don, l’important c’est de participer.

Et puis franchement, avec ce temps pourri, mettre un peu de couleurs à son veston, c’est quand même le meilleur moyen de faire aimer le mois de novembre, n’est-ce pas?

Plus d’infos sur le site de la Royal British Legion.

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Desproges : peut-on vivre sans parler anglais?

octobre 30th, 2008 · 13 Comments

Vivre sans parler anglais? C’est la question que se posent de nombreux Français plus ou moins soucieux de se faire comprendre à l’étranger. Pierre Desproges a la réponse à cette interrogation…

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La vérité sur le retour en France sous Assedic

octobre 26th, 2008 · 58 Comments

Assedic chômage france french in london

Ils sont nombreux les frenchies de Londres qui râlent contre le modèle français. Ah, la France, un pays d’assistés dont les largesses sociales provoqueront assurément la faillite du système… Ça taille mais quand vient la crise, beaucoup semblent heureux de pouvoir rentrer à la mère patrie pour y être à leur tour… assistés.

L’info est parue dans la presse française le mois dernier : des banquiers de la City mis sur le carreau rentreraient en France pour toucher des allocations Assedic calculées sur leurs salaires de Londres. Scandale ou pas, il est vrai que la loi permet en théorie de rentrer sous alloc’ mais dans la réalité, c’est plus compliqué.

Pour accéder au statut très envié de chômeur en France, il faut déjà avoir été licencié (enfin, avec la conjoncture actuelle, ce n’est pas forcément le plus compliqué). Il faut ensuite revenir avec le formulaire E301 et se rouvrir des “droits” en retravaillant — subtilité importante — entre 1 et 28 jours en France. Surtout pas plus! Le Code du travail français précise en effet “que si le salarié travaille moins de quatre semaines en France, il est indemnisé sur la base du salaire perçu à l’étranger”.

Indemnités plafonnées à 6.366 euros par mois

A partir de là, l’important est qu’il y ait une fin de contrat en France. Mais contrairement à ce qui a été écrit dans pas mal de journaux, le baby-sitting ou l’utilisation de chèques emploi service ne semblent pas valables. Dans les forums sur le sujet, on conseille la distribution de tracts en intérim ou un petit CDD.

C’est à cette condition seulement que les indemnités pourront être calculées sur le salaire anglais. Pour éviter les fantasmes, sachez que ces alloc’ sont plafonnées à 6.366,80 € mensuels pendant 23 mois. Mais pour toucher cette somme, il faut avoir travaillé 16 mois minimum au cours des 26 derniers mois avec un salaire supérieur à 20.000 euros par mois. Des cas “particuliers” et “exceptionnels” selon l’UNEDIC. 

Selon l’UNEDIC justement, au 25 septembre dernier, seules 4 personnes étaient indemnisées en France sur la base d’un salaire supérieur à 7000 euros net mensuel perçu en Angleterre. On est loin d’un exode massif mais il faudrait voir comment ces chiffres évoluent car il y a un délai de carence de 75 jours avant la moindre allocation. La chute de Lehman, c’était le 15 septembre…

Démission, piège à con

On peut trouver ces exemples (a priori isolés) scandaleux mais sur le fond, ce dispositif me paraît important. Ces indemnités (qui relèvent du droit européen) sont prévues pour favoriser la mobilité des salariés en Europe. Oui à la mobilité!

Attention cependant, revenir en France avec des Assedic ne fonctionne qu’en cas de licenciement. Exit donc la démission pour bénéficier du système… Enfin… si… il reste quelques cartouches. Le droit français reconnait des situations où la démission est légitime et cela s’applique aussi quand on est à l’étranger.

Parmi ces cas, on trouve : le non-paiement de votre salaire, la démission pour effectuer une mission de “volontariat pour la solidarité internationale” ou le fait de suivre votre conjoint. Vous pouvez aussi revenir en France pour vous marier et toucher des aides de l’Etat. C’est pas beau l’amour?!

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Gordon Brown, prix nobel d’économie de crise

octobre 14th, 2008 · 17 Comments

 Il me semble qu’il y a eu une erreur de casting pour le Nobel cette année.  Comme vous le savez, c’est l’économiste et polémiste américain Paul Krugman qui a raflé la mise (les honneurs et 1 million d’euros). Mais en cette période de crise, j’avais un autre candidat : Gordon Brown.

 Il faut bien voir qu’au G7 du week-end dernier, tous les grands pays sont arrivés avec leurs idées pour résoudre la crise financière. Le Japon crânait un peu avec ses solutions adoptées à la fin des années 90, les USA plaidaient pour le cas par cas, l’Allemagne appelait à plus de souplesse, Paris faisait du bruit et Londres prônait l’intervention sur le marché interbancaire.

Au final, le lendemain à l’Eurogroupe, c’était la version UK qui remportait les suffrages. Et si la crise financière s’offre un petit break (merci d’éviter l’emballement après quelques jolies séances en bourse, la récession est toujours à notre porte), c’est probablement un peu grâce à lui.

Certes, il y a eu le plan Paulson, 700 milliards de dollars, ca n’est pas rien. Il y a eu les baisses de taux concertées des banques centrales mondiales (tiens, Jean-Claude Trichet est à l’écoute, son sonotone a probablement été rebranché), bonne idée pour montrer que les autorités mondiales se sentent concernées. Mais le cocktail de mesures fait de prises de participations étatiques et de mécanismes de garantie, c’est Gordon ! C’est en partie à ce plan de nationalisations partielles que l’on doit un certain retour de la “confiance” (je reste prudent avec l’utilisation de ce mot qui fait cruellement défaut sur les marchés actuellement et qui selon certains ne reviendra pas avant 4 à 5 ans…).

C’est à saluer parce que pour Londres, c’est une rupture avec la tradition thatchérienne du non-interventionnisme qui prévalait jusqu’ici en Angleterre (Northern Rock mis à part). L’état offre entre autres une injection par la banque d’Angleterre de 200 milliards de livres et une garantie des prêts interbancaires à hauteur de 250 milliards… Je vous passe les détails et les montants alloués aux banques en difficulté mais disons que garantir les prêts interbancaires reste une manière de redonner de l’air aux marchés. Quand les banques ne se prêtent plus entre elles, c’est l’asphyxie. C’était donc LE truc à tenter.

Of course, rien n’est parfait. Le plan Brown conjugué à la récession va obliger le gouvernement britannique à abandonner sa règle de plafonnement de la dette publique et en cas de problème, ce sont nous, contribuables UK qui passeront à la caisse… mais sans intervention de cette ampleur, le système se serait probablement cassé la gueule. C’est pas réparé pour toujours mais on a sauvé les meubles de l’entrée.

Reste que pour Brown, c’est un sacré retour en grâce. On le disait politiquement mort, torpillé par la presse britannique, malmené dans les sondages… Il en était réduit à faire des bisous à sa femme pendant des meetings politiques pour récupérer quelques points de popularité… Bref, tel un phénix borgne, il est aujourd’hui de retour.

Plus d’infos sur les marchés, la bourse sur www.cafedelabourse.com

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Viens voir le docteur (come to see the doctor)

octobre 10th, 2008 · 49 Comments

doctor local GP londres french in london

Quand il faut, il faut… Depuis mon arrivée à Londres, j’ai toujours réussi à esquiver les services de santé. L’automédication a toujours fonctionné à plein régime, quelques aspirines, un jour de repos en cas de coup dur et hop, ça repartait.

Et puis parfois, une crève traine, il faut agir. C’est ainsi que je me suis lancé à la recherche d’un médecin. Ici, on appelle ça un “local GP” (l’équivalent du médecin traitant), il y en a 34.000 en Grande-Bretagne. Il suffit de trouver celui de son quartier. En quelques clics sur le site du NHS, j’avais repéré les centres proches de chez moi. Et voilà la suite…

8H30: je me rends au centre de santé le plus proche de chez moi dès l’ouverture. C’est une sorte de clinique locale. J’ai l’impression de rentrer aux urgences mais me dirige vers la réception.
> Bonjour, je suis malade, j’aimerais voir un médecin
> Bonjour, vous habitez le quartier… bien… êtes-vous inscrit ici?
> non…
> alors, il faut que vous remplissiez ce formulaire et on vous appellera pour prendre un rdv.
> je remplis ça et je rentre chez moi?
> oui, oui, voilà. quand vous reviendrez, apportez un justificatif de domicile et d’ici là, remplissez cet autre dossier plus complet…
Coût de l’étape : 0£

8H45: Je rentre chez moi remplir ledit dossier. 4 pages recto-verso sur ma vie, ma santé. C’est la totale, je peux même m’inscrire pour donner mes organes et mon sang. Voilà qui est fait.  Ah non,  encore une feuille à remplir. Quelle est ma religion? A quelle ethnie je me sens appartenir ? Hum, j’en connais qui seraient outrés de répondre à ce genre de questions en France. Le dossier est rempli, signé, daté. Je n’ai toujours pas de rdv mais je sais désormais d’où vient mon mal de crâne.
Coût de l’étape : 0£

10H10 : coup de fil du centre
> bonjour, voulez-vous toujours voir un médecin ce matin?
> oui, s’il vous plait
> ok, venez vers 11H15, une infirmière vous auscultera et décidera si vous devez ou pas voir un médecin.
Coût de l’étape : 0£

11h10 : retour au Health Centre. On me fait patienter dans la salle d’attente. Ca change tellement de mon médecin de quartier français où il trainait toujours un numéro d’Auto-Plus (le seul endroit où j’ai jamais lu la presse automobile) ou un vieux Marie-Claire (et que dire de la presse féminine…).
Coût de l’étape : 0£

11H30 : on m’appelle. Je ne suis pas reçu par un médecin mais par une “experienced nurse” (une infirmière confirmée?). Elle me reçoit, très sympathique, me pose des questions sur le pourquoi de ma venue. L’auscultation sera sommaire. Elle se limitera à quelques points stratégiques. C’est à peine si j’ai du retirer mon manteau.

15 minutes plus tard, je ressors avec une rapide prescription et quelques conseils. “Les anti-bio ok mais le mieux c’est de rester dans son lit avec un thé au miel…”.

Avant de partir, je passe par la réception pour récupérer un “self-statement” en guise d’arrêt maladie. Comprenez, je m’auto-déclare malade pour ma boite. A priori, jusqu’à 4 jours d’arrêt, un certificat médical n’est pas légalement obligatoire en Grande-Bretagne. Je reste un peu perplexe en m’imaginant apporter ce papier auto-rempli aux RH…
Coût de l’étape : 0£

11H50 : direction la pharmacie la plus proche. On me demande si je paie mes médicaments. Je suis de plus en plus perplexe mais le pharmacien m’explique que certaines personnes ne les paient pas. Je regarde la liste des exemptés… je ne rentre dans aucune case. Quelques minutes plus tard, je repars avec deux boites d’anti-bio sous le bras.
Coût de l’étape : 7,10£

Honnêtement, l’expérience aurait pu être bien plus traumatisante. On m’en a conté des bien plus trashs (promis je vous les raconte bientôt). Mais surtout, mis à part une organisation radicalement différente de la France et un accueil un peu moins personnalisé, je n’ai pas eu le sentiment de trop perdre de temps.

Et tout ça pour un coût finalement très faible. 7,10£. Sauf erreur de ma part, tous les patients (sauf exception) paient la même franchise. Une somme à relativiser parce que finalement je n’ai pas vu de médecin. Mais était-ce nécessaire pour une grippe un peu musclée? L’expérience aurait-elle été aussi bonne si ça avait été vraiment grave ?

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Edith Piaf ne regrette (presque) rien

octobre 8th, 2008 · 3 Comments

AS SEEN ON TV / Pour se détendre, une pub qu’on trouve ici à la télé. Comme quoi, Édith Piaf a un sacré potentiel marketing à l’étranger. A la sortie de cette pub, certains l’ont trouvée de mauvais goût sachant qu’Édith Piaf a été un temps aveugle durant son enfance en raison d’une kératite.

(traduction du sous-titre : “non, rien de rien… je ne regrette rien… ou peut-être une chose… j’aurais pu avoir 2 paires de jolies lunettes pour seulement 75£… oui, j’aurais du aller chez Specsavers…”)

Retrouvez plus d’infos comme ça sur le site de Sandrine (en anglais).

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La cuisine anglaise est-elle la pire du monde ?

octobre 6th, 2008 · 35 Comments

cuisine kitchen chef londres french in london

C’était l’avis de Jacques Chirac. Il avait dit que la cuisine anglaise était la pire “après celle de la Finlande”. Sacré Chirac, jamais à court d’une gaffe ! Il avait balancé ça en pleine course aux JO 2012 alors que deux membres du CIO étaient Finlandais… Champion du monde !

C’est vrai que je suis le premier à moquer la nourriture ici (principalement parce que je trouve critique la qualité des produits en supermarché type Tesco). Mais soyons sport, il parait que les choses changent de ce côté-ci de la Manche. C’est ce qu’on lit dans les journaux. Mieux même, des chefs français troqueraient leur toque pour des Chef’s hats! wahou!…

En un an, l’exode est remarquable : Alain Ducasse, Hélène Darroze et Jean-Christophe Ansanay-Alex… Voilà trois chefs étoilés français qui ont élu domicile à Londres. Mieux encore, ils ne seraient pas venus pour y donner des leçons mais pour s’inspirer de la cuisine anglaise. Voilà qui relève le niveau.

 Dans leurs établissements, on trouve de la cuisine anglaise made in france ou peut-être même l’inverse. Sur la carte de “L’ambassade” (resto de Jean-Christophe Ansanay-Alex à South Ken) on retrouve par exemple une sauce bordelaise mélangeant le vin rouge à de la Guinness. Shocking! Au Connaught, hôtel ultra-prestigieux du quartier chic de Mayfair, Hélène Darroze propose notamment un fish and chips tandis que du côté de Park Lane, Alain Ducasse cuisine une chicken pie à sa façon. Bloody hell !!

Voilà la version dépêche AFP de la cuisine à Londres, celle qu’on retrouve dans de nombreux canards français. Quelques chefs français débarquent outre-manche et tout de suite, la cuisine britannique reprend des étoiles. C’est pas un peu arrogant tout ça? N’y avait-il donc pas de chefs à Londres avant?

Je suis toujours un peu perplexe sur les critiques en cuisine. Faut-il croire quelques chroniqueurs culinaires parisiens trop contents de prendre l’Eurostar en business pour tester des restos aux frais de leur rédaction ? Car si je n’ai pas 70£ à mettre dans mon repas, puis-je avoir une chicken and mushroom pie décente ? J’en ai pris une dans un pub samedi dernier du côté de Tottenham Court Road à 5£… Franchement, je vous la déconseille.

Et derrière ces étoiles… moi à tous les jours… est-ce que je mange mieux parce que Ducasse a ouvert son restaurant dans le centre ? Peut-on encore croire le philosophe Aimé Jacquet qui disait, “tu vois, ça ne coûte pas plus cher de bien manger”.

Pourtant, il est notable que les Britanniques aiment bien la cuisine. Sinon pourquoi y aurait-il autant d’émissions sur la bouffe à la télé ? Et Jamie Oliver vendrait-il autant de livres ? C’est probablement une question d’éducation. La mienne est à refaire. Le temps n’y fait rien, mon palais n’apprécie que peu les mets locaux.

Mais mon salut est peut-être proche. Depuis que mes potes sont passés par l’Atelier des Chefs, je redécouvre la cuisine fine. Finies les pâtes au pesto, bonjour homard grillé et chutney de tomates vertes aux fruits exotiques ! Je compte tester ces cours de cuisine d’ici peu. On verra si ma vision change. Je suis prêt à tout. J’ai déjà arrêté les chips au vinaigre.
D’ici là, bon appêtit !

crédit photo: Liliana Bozier

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Pour vivre (riche et) heureux, faut-il vivre caché ?

octobre 1st, 2008 · 24 Comments

piggy bank french in london

Ironie de l’actualité (à peine mise en scène), la Une de Métro ce matin comportait deux titres. L’un nous apprenait que pour la première fois depuis 1958, les Britanniques dépensent plus d’argent qu’ils n’en gagnent. Comprenez qu’à l’aune d’une possible récession, on commence à tirer sur ses économies… pas franchement une bonne nouvelle dans un pays où la plupart des gens vivent déjà à crédit!

L’autre titre était plus trivial mais pas moins symbolique. On y voit une jeune fille sabrer une bouteille de champagne. La jeune fille, c’est Ianthe Fullagar. Pas de panique, c’est une sombre inconnue. Elle est juste “someone who’s actually getting richer” (titre de la photo).

A 18 ans, Ianthe a gagné 7 millions de livres à l’EuroMillions. Une jolie somme qui ne ferait pas chavirer nos amis banquiers de la City avec leurs bonus (quoique cette année…) mais pour une étudiante qui a joué deux fois dans sa vie au loto, c’est évidemment quelque chose! L’histoire veut qu’à l’annonce du 14, du 29, du 31, du 33, du 37 et des “lucky stars” 1 et 2, elle a crié tellement fort que son chien est venu lui mordre les fesses.

L’article en page 7 proposait deux photos : l’une de Ianthe et de sa mère et l’autre de Chomp, son chien. On apprenait qu’elle comptait aussi partager l’argent entre sa famille, ses amis (certainement beaucoup plus nombreux désormais) et l’achat d’une Ford KA. La petite a de la suite dans les idées.

Si je vous raconte ça, c’est que cette couverture du Métro vient faire écho à une dépêche AFP que j’ai lue il y a 2 jours. On y apprenait que certains millionnaires français du loto s’inquiétaient de la crise actuelle. Ils avaient été interrogés anonymement lors d’un déjeuner de la Française des Jeux à Paris. Anonymement…

Eh oui, car en France, les gagnants du Loto (comme les perdants d’ailleurs) restent le plus souvent anonymes. Ah, vous pourrez toujours voir au 13h de Pernaut un reportage sur le bar PMU de Saint-Savinien sur Charente où une femme (simple et très gentille) a gagné 45 millions d’euros mais cette femme ne fera jamais la Une des journaux avec un énorme chèque en carton comportant plus de zéros que le plan Paulson…

Comment expliquer cette différence ? Les Britanniques sont-ils moins pudiques quand il s’agit de parler d’argent ? Considèrent-ils qu’ils ne risquent rien à exposer leur vie aux tabloïds (quelques minutes de gloire, la grande classe…) ?  Les Français chanceux espèrent-ils pouvoir tromper le fisc en évitant la publicité ? La Française des Jeux a-t-elle un service de com’ qui incite les gagnants à rester discrets et à n’accepter que les invitations de Jean-Luc Delarue une fois tous les cinq ans pour dire comment ils ont geré/dilapidé leur argent ?

Ça me rappelle en tous cas l’excellent film “Ah si j’étais riche” où Aldo (Jean-Pierre Darroussin) gagne au loto à la veille de son divorce. Bien qu’immensément riche, il ne dit rien à personne et continue de vivre comme un pauvre. Petit extrait qui me fait toujours autant rire…!

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